COVID19 et école à distance: quel(s) enseignement(s) pour les sciences ?

Un dispositif de formation transmet des informations:

D’après D. PERAYA (2007)

Le geste technique de « déposer » un document électronique a séduit par sa simplicité au point que beaucoup conserveront cette possibilité de transmission de document. Cependant, l’enseignement à distance (EàD) amène plusieurs enseignant-e-s en formation à redéfinir le contenu à transmettre aux élèves en se concentrant sur ce qu’ils estiment essentiel. Ceci engendre parfois une certaine frustration dans la préparation des leçons devant l’impossibilité de réaliser certains objectifs à distance.

Plusieurs maitres expriment le souci de produire des documents clairs et précis pour éviter une surcharge pour les élèves. Confrontés à la nécessité de suivre des cours en visioconférence et sensibilisé à la fatigue que représente l’accumulation d’heures de cours à suivre par écran interposé, les enseignants se sont progressivement éloignés du modèle de cours magistral en vidéoconférence. De fait, la nécessité de « prendre ses distances » avec la façon « normale » de donner son cours et d’éviter que la version en ligne « ne soit qu’un simulacre d’une leçon en présentiel » transparait dans plusieurs témoignages. 

Pour pallier à cela, une solution globalement plébiscitée a été l’utilisation de capsules vidéos d’explication, parfois aussi de correction d’activités. Ces vidéos ont été produites le plus souvent à partir d’un support de cours existant, de type diaporama commenté ou une présentation capturée en direct avec Openboard[5]. Ces capsules sont insérées dans des scénarios fortement influencés par le modèle de la classe inversée. Nombreux sont ceux qui envisagent de poursuivre cet usage de la vidéo dans des conditions d’enseignement en présentiel. 

D’autres informations sont transmises de manière plus classique, sous forme de fiche de synthèse, d’exercice dans différents formats (word, pdf) ce qui n’allait pas sans poser des problèmes aux élèves. 

Les animations interactives et des simulations ont parfois occupé la place des expérimentations en classe dans une fonction de présentation, mais cette substitution n’a convaincu personne pour l’instant. 

Il a été relevé que la profusion de ressources immédiatement disponibles pouvait engendrer un problème d’organisation de la matière pour des élèves plutôt habitués à prendre des notes et travailler sur un classeur organisé. Comme l’exprime une personne, « les supports de cours distribués à l’école et sur lesquels les élèves prennent des notes ou révisent avant une épreuve sont des documents de références précieux pour l’élève, qui peuvent être consultés rapidement »Il est vrai que dans le cadre de l’EàD, l’élève a peu de possibilités d’agir sur l’organisation de la matière et des documents transmis.

[5]Openboard est un logiciel de tableau blanc interactif installé dans toutes les écoles secondaires de Genève

Enseignant en biologie au secondaire II depuis .... pffff... longtemps. Formateur MiTic en science ( SEM Formation / IUFE Uni Genève)

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