COVID19 et école à distance: quel(s) enseignement(s) pour les sciences ?

Il ne suffit pas de médiatiser des contenus, il faut aussi médiatiser la relation pédagogique…


Charlier, B., Deschryver, N. & Peraya, D. (2006). Apprendre en présence et à distance: Une définition des dispositifs hybrides.

Introduction :

La fermeture des écoles a demandé aux enseignants du monde entier de construire dans l’urgence un dispositif de formation entièrement à distance, avec les outils disponibles et parfois sans formation préalable. 

Parmi ceux-ci, une bonne quinzaine d’enseignantes et d’enseignants en formation à l’IUFE[1] ont accepté de rédiger un court témoignage de leur périple comme capitaine de navire dans ce qu’il est convenu d’appeler l’École à distance (EàD), voyage vécu également comme passager dans le cadre de leur formation Mitic. Cette formation hybride était avant tout orientée vers une réflexion sur l’intégration didactique des outils numériques (ou artefact) plutôt que sur leur maitrise technique. De ce point de vue, leur compétence est représentative du corps enseignant secondaire genevois.

Les regards qu’ils portent sur l’intégration des technologies de la communication dans l’enseignement sont intéressants à plus d’un titre ; à la fois comme enseignants novices, par leur regard aiguisé par une formation didactique toute fraiche, par l’intérêt qu’ils portent à l’intégration des TIC et par leur optimisme qui les incite à franchir les obstacles.Comme nous tous, ces enseignants ont construit rapidement un dispositif de formation à distance susceptible de remplir plusieurs fonctions. Ces fonctions génériques sont au nombre de huit selon la proposition de D. Peraya[2]. Elles sont valables pour l’enseignement à distance comme pour un enseignement hybride[3]. Dans un dispositif partiellement ou totalement à distance, ces fonctions s’expriment par l’intermédiaire d’artefacts technologiques (le mail, Moodle, le smartphone, Google Aps…). La médiatisation fait référence aux transformations que l’usage de ces artefacts technologiques fait subir aux fonctions citées. Si certaines fonctions vous paraissent évidentes, d’autres, plus mystérieuses, seront expliquées plus loin.

D. Peraya (cours CoFOR 2007 – TECFA)

Je me propose d’organiser les témoignages de ces 17 personnes selon ces huit fonctions… Bien entendu, il y a eu autant de dispositifs qu’il y a d’enseignant-e-s et chaque enseignant-e-s a été confronté à des publics différents. Le texte va donc établir un panorama qui doit permettre de dégager les forces et les faiblesses des différents dispositifs médiatisés mis en place, il faut le rappeler, dans l’urgence de printemps avec des outils tels que MEET[4], CLASSROOM ou MOODLE auxquelles les élèves n’ont pas toujours été initiés. Ce panorama reflète une pluralité de solutions appliquées à l’enseignement-apprentissage des sciences expérimentales. Mon but est de souligner les particularités d’un dispositif de formation à distance par rapport à un dispositif en présentiel. Il n’a pas d’autres ambitions que d’offrir des pistes personnelles pour une intégration fructueuse des outils lors d’une prochaine rentrée.

Dans le texte qui suit, les extraits des témoignages sont mis en italiques, avec parfois de légères adaptations pour faciliter la lecture du texte.

[1] Institut universitaire de formation des enseignants (Université de Genève)
[2] Vous pouvez voir la présentation qu’en fait D. Peraya dans la Conférence Capsule : les dispositifs hybrides de formation, vus du côté des enseignants » Université de Paris Sorbonne -014 novembre 2019 -- lien :     https://youtu.be/MLwxwLe7K2w
[3] Hybride : mêlant des temps de présentiel et des temps à distance.
[4] MEET et CLASSROOM font partie de la suite d’applications Google également désignés dans les témoignages par son acronyme EDUGE ( ou parfois EEL).

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